Appel à un jeûne de trois jours pour la paix et la réconciliation en Ukraine

La crise en Ukraine me préoccupe profondément. Comme aussi la guerre civile qui dure en Syrie, en Libye et au Soudan, la violence en Iraq et la guerre qui n’en finit pas en Afghanistan et en d’autres lieux où règnent la violence et la misère. Comme la guerre semble pouvoir se profiler à l’horizon, beaucoup de gens ont peur de l’évolution en Ukraine.
On oublie souvent que surtout en Afghanistan, en Iraq, en Iran, au Soudan, en Syrie, en Arabie-Saoudite et en Égypte et dans beaucoup d’autres endroits dans le monde des millions de personnes souffrent de la guerre, de la guerre civile, de l’exploitation, de la dictature et de la misère. L’actualité c’est ce que nous servent les médias. Et les grands médias soulignent ce qui correspond aux sentiments et aux perceptions de beaucoup de gens. La peur d’une guerre est loin d’être infondée.
Le Mouvement international de la réconciliation fait un retour en arrière sur les cent dernières années. Au début de la première guerre mondiale, le 1er août 1914, la première pierre de ce mouvement transnational a été posée : celui-ci se voulait au service de la paix et de la réconciliation, partout dans le monde, faisant confiance à la force de l’amour et de la vérité.
Confiant dans cette force je lance l’appel à un jeûne public mondial du 8 au 10 mai 2014. Le 8 mai 1945 la deuxième guerre mondiale prit fin en Europe. Tous ceux et toutes celles qui s’engagent pour l’abolition des guerres sont appelés à se joindre à ce jeûne, si possible dans un lieu public sous forme de cercle de silence, par exemple.
Toute personne qui se joint au jeûne pour un jour ou pour toute la durée est invité à le faire savoir sur le site du MIR Allemagne à www.versoehnungsbund.de et à en parler autour d’elle.
Cet appel à un jeûne public a pour but:
- d’exprimer l’impuissance et l’horreur face aux moyens militaires et violents utilisés pour maîtriser la crise en Ukraine ;
- de répercuter la souffrance et le choc causés par l’annexion de la Crimée par la Fédération russe et par les tensions en Ukraine ;
- de soutenir les personnes, les groupes et les communes qui s’engagent pour la nonviolence et la réconciliation par-dessus les barrières du nationalisme et des confessions, que ce soit en Russie ou en Ukraine ;
- d’entendre les peurs et les préoccupations des hommes et des femmes en Ukraine, dans quelque province du pays que ce soit ; 
- de comprendre les peurs et les préoccupations des hommes et des femmes en Russie, y compris la peur d’un encerclement de la Russie par les USA, peur qui n’est pas tout à fait infondée ;
- d’exprimer à quel point nous sommes effarés de ce que l’OTAN et l’industrie de l’armement profitent de la crise en Ukraine pour étendre leur zone d’influence au point de parler de l’arme atomique sous prétexte de protection ;  
- de dire publiquement que nous sommes tristes de ne plus avoir de contact, depuis des années, avec les amies et amis du mouvement nonviolent en Russie, pour ne pas les exposer à des suspicions d’espionnage aussi injustifiées qu’arbitraires ; 
- de nous distancer de la menace et de l’utilisation d’armes en Ukraine et à la frontière du pays et de nous engager pour que des négociations avec la participation des représentants de tous les groupes intéressés puissent avoir lieu autour d’une table ronde en présence d’un modérateur des Nations Unies ou de l’OCDE ;
- de formuler les questions litigieuses dans le cadre d’un règlement en présence de médiateurs et d’encourager les personnes concernées à trouver elles-mêmes des solutions ;
- de reconnaître la menace pour le droit des peuples déjà bien fragile et de tout éviter qui puisse saper les possibilités pacificatrices de ce droit ;
- de rester attentifs à la question de la relation entre les guerres et les conflits au Kosovo-Yougoslavie, en Afghanistan, au Soudan, en Iraq, en Iran et en Syrie et de miser sur la force pacificatrice de la patience, la réconciliation, l’amour et la vérité ; 
- de se fortifier les uns les autres, de résister à la violence et aux suggestions laissant croire que les conflits puissent être résolus de cette manière, et de persévérer dans la prière.

Pasteur Dr. Matthias-W. Engelke
Président de la branche allemande du Mouvement international de la réconciliation

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